Retour sur Myspace et les festivals de cinéma

Je lis dans les Cahiers de ce mois-ci dans la rubrique “Offres”

En collaboration avec Myspace, “Un festival, c’est trop court” propose aux internautes de départager quatre courts métrages…

Je pense que ces petits festivals souhaitent toucher un nouveau public créatif, plus jeune et plus nombreux. Et ces festivals se disent que ce public est sur Myspace, qu’il faut aller l’y chercher. Ils se disent que Myspace est un instrument, un lieu a priori fertile sur lequel fleurissent une quantité de jeunes talents. Peut-être n’ont-ils pas tort. Mais la question n’est pas pour moi de savoir qui est sur Myspace mais plutôt comment tous ces gens communiquent et sur quoi. Ils communiquent en s’échangeant des bribes de phrases, en partageant les mêmes morceaux de musique, les mêmes photos ou dessins, les mêmes infos de concerts etc. Ils partagent la même vie, et cette vie est faites de sons éparpillés, d’images éclatées et d’évènements éphèmères. Ils sont en perpétuelle ébullition, toujours en quête du prochain groupe, album, concerts. Ils en veulent plus et cela se voit : profusion d’amis, d’images, de commentaires, de petits mots. On communique autour de profusion, on crée soit même un profusion de signes et de bruits.

Les festivals faisant le choix d’investir Myspace s’imaginent que ce lieu est fait pour eux, qu’ils y trouveront les talents nécessaires pour briller. Eux aussi veulent faire du bruit.

Organiser un festival, c’est être pragmatique, négocier au mieux sa visibilité afin de gagner en notoriété. Celle-ci reste le meilleur gage d’indépendance. Mais cette indépendance a un prix, celui de l’identité, celui de la justesse.

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