Retour sur “les films de festival”

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Aprés avoir fait le tour du débat, et consulté les documents officiels (les deux textes des Cahiers, l’article de réponse de Thoret dans Libé, enfin celui de Positif), j’ai ma petite idée sur l’appellation “films de festival”. Par paresse, fatigue ou ennui, j’avoue avoir cédé à la facilité et employé plus d’une fois le terme. Or, le débat sévissant depuis quelque mois m’encourage à réévaluer ma position. Voici comment.

Je trouve le texte de Thoret faible, caricatural et insultant. Il y plane une odeur de fausse franchise : faits et commentaires sont avancés d’un seul tenant, comme si le réquisitoire avait valeur de constat. Les sigles remplacent les mots pour mieux cacher la misère d’une pensée vulgaire et démagogique.

Ma position est donc la suivante. Il est abusif de parler de “films de festivals” pour la simple raison que ces films tant décriés n’ont plus leur place qu’en festivals. Les dénoncer, c’est omettre de prendre en compte la situation d’un marché qui leur refuse le droit d’exister. Les taxer d’académisme, c’est ensuite prendre la partie pour le tout. Pointer du doigts les quelques auteurs - souvent jeunes - qui par facilité ou malice usent de certains codes pour se ménager un chemin vers les grands festivals occidentaux. Taxer d’académisme l’ensemble des films silencieux, épurés ou contemplatifs, c’est faire preuve d’une impardonnable malhonnêteté intellectuelle en voulant les mettre dans le même sacs, alors qu’ils ressortent chacun d’origines, de projets, d’ambitions différentes. Pire, c’est leur faire affront en leur refusant la qualité d’oeuvres et en les rabaissant à la qualité d’exercices.

Rester attaché à la distribution des discours, c’est reconnaitre au contexte son importance dans la formation du jugement et plus particulièrement encore des termes. C’est la raison pour laquelle il me parait finalement abusif de parler de “film de festivals” d’un point de vue critique. Car programmer n’est pas critiquer. Je suis bien placé pour la savoir.

Dernière chose. Seuls les Cahiers me paraissent dans cette affaire faire preuve de discernement. Je ne suis pas un partisan aveugle de la revue. Au contraire. Je suis seulement heureux qu’ils pointent ici un abus et qu’ils m’aident d’une manière simple et directe à reconsidérer une idée reçue, et considérée par trop de critiques comme une idée acquise.

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