Nocturnes, l’accueil critique

Pardon pour ce long silence. Cannes oblige, le temps m’a cruellement manqué. Au programme de Cannes, deux séances des Nocturnes pour le roi le Rome. L’enjeu de cette projection était avant tout d’inviter le public à se confronter à cette image, à se laisser surprendre et séduire, enfin à la prendre au sérieux, à saisir ce qu’elle faisait entrevoir.
Côté critique, certains articles paraissent étranges. Celui du Monde par exemple, est bien enthousiaste mais se contente timidement de raconter le film, sans pour autant rentrer dans les détails ni dépasser les éternels adjectifs (envoûtant, déroutant, poétique, “images trés belles”, etc.). Difficile d’un autre côté d’écrire un tel article dans l’urgence du festival. Cela se ressent forcément.

Ailleurs, dans Variety, l’article saisit en deux trois mots (toujours dans l’urgence) l’esprit ou du moins l’ambition du film. Et ça n’est pas triste. Le film se voit ainsi réduit à une sorte de jeu (”an experimental gamble”), justifié par le seul emploi du téléphone portable. Justifié ou motivé, encore une histoire d’appréciation. Comme si l’exercice était gratuit, qu’il valait par son seul aspect neuf et inédit.

C’est le paradoxe des grands festivals que d’offrir à la fois le maximum de visibilité, et le moins de temps possible de digérer et réfléchir les films.

On finit en beauté avec un petit portrait dans les inrocks de cette semaine qui se termine sur ces mots “Jean-Charles Fitoussi saura-t-il être le Mozart de la téléphonie mobile ?”. Je ne sais trop quoi penser d’une telle chute. Drôle ou pathétique, juste, dans le sens où une critique est un peu juste, un peu limite, un peu faible, un peu lâche. La critique lâche, désagrégée comme l’image du téléphone, qui ne recouvre rien.

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