La ruée aux courts

Vous vous souvenez sans doute du compte rendu du festival de Clermont-Ferrand, et notamment de la présence rémarquée là-bas d’opérateurs (Orange), d’éditeurs (Wonderphone, Index Multimedia) et de sites internet (atomfilms). La ruée sur les “nano-videos” se poursuit de plus belle aux Etats-unis, où les festivals sont scrutés par les constructeurs et les opérateurs avec une attention extrême. Comme l’explique un article du Business Week, c’est une vraie ruée au court. Nokia plante sa tante au festival de Los Angeles, tandis que Cingular et HBO sont au Urbanworld VIBE Film Festival, à New York. Atomfilms organise de son côté un festival en ligne avec Alltel wireless. Au-delà de l’interêt économique évident que représente le contenu video court pour ces acteurs, on remarque un hiatus constant dans le discours des opérateurs entre la valorisation excessive du contenu, et sa dépréciation effective. Exemple ces quelques lignes d’une porte parole de Sprint, un opérateur americain :

Because of the evolution of [wireless] Sprint TV, we are able to provide an enhanced experience for film fans,” says Sprint spokeswoman Angie Read. Sprint is now studying whether to make a big splash at other festivals, she says, calling such events “an interesting universe” for pursuing the company’s multimedia ambitions.

Je me demande sincérement comment Sprint va bien pouvoir offrir à ses abonnés une telle expérience - unique et améliorée. Les nano-videos n’offrent en réalité aucune expérience, dans la mesure où elles sont dans toutes leurs dimensions de petits objets insignifiants. Une petite minute dans une petite fenêtre, juste une idée, mais pas d’expérience. Une impression plutôt. Les opérateurs cherchent des impressions, comme on parle d’impressions de pages. Faire impression d’un côté pour générer un maximum d’impressions de l’autre. C’est le régime de l’immédiateté, de la productivité maximale. L’inverse d’une véritable expérience, son évitemment.

Laisser une réponse