Contenus et contenants : vers un cycle vertueux
Je me souviens de cette époque, où les fusions allaient bon train. AOLTimeWarner donnait le top départ, tandis que de l’autre côté de l’atlantique Vivendi lui emboitait le pas. Ceux qui avaient des tuyaux voulaient du contenu, et inversement. C’était principalement une question d’infrastructure et de produits génériques. On vendait de l’accès, on dealait des catalogues.
Aujourd’hui les termes ont changés. Les plateformes sont ouvertes. La problématique de l’accès s’est substituée celle du choix. Mais un choix actif, producteur de contenu et de sens. Le contenu ne vient pas d’en haut, il se crée (aussi) en bas, la réception n’est pas uniforme mais éditée et personnalisée. Le contenu peu à peu devient le contenant, est permis et nourri par lui, à mesure que celui-ci facilite la navigation, encourage l’interaction et suscite de lui-même - de façon endogène - son propre contenu.
Entre web 1.0 et web 2.0, nous sommes passés d’un contenant vide à une matrice dont la fonction intrinsèque est de générer du contenu. Mais du contenu comment ?
Premier temps du web 2.0 > La matrice fonctionne à plein régime, le contenu et les réseaux prolifèrent et croissent. De même d’ailleurs que les start-ups et les modèles.
Second temps du web 2.0 > La matrice s’enrichie d’un certain nombre d’outils lui permettant d’autogérer sa production en fonction de critères essentiellement d’ordre qualitatifs. Les premières fusions ont lieu, et les acteurs commencent à imaginer comment exactement penser dans un même mouvement création et sélection du contenu, sa production et sa réception.
Dailymotion a annoncé il y a peu avoir conclu un accord avec un syndicat de producteur indépendant. Daily obtient ainsi les droits de diffusion de vidéos. Plutôt web 1.0 comme démarche. Mais Benjamin ne s’arrêtera pas là. Il sait depuis longtemps qu’il produira un jour, il me l’a dit ; ) De son côté, Eyeka prépare son entrée dans l’arène (disclosure : et moi avec elle ). Elle affute ses outils à l’approche de sa sortie publique. Eyeka favorise précisément la production et la mise en valeur d’un oeuvres de qualité, que le site entend à terme susciter de manière naturelle et, serais-je tenté de dire, vertueuse. Cela me paraît être une tendance de fond. Ensuite à chacun sa méthode, son ton, ses outils. A chacun aussi son éthique, son regard sur ce qu’il produit. C’est là que se fera la différence, et que le public fera son choix, sur le rapport que chacun entretient à ce qu’il consomme. Plus qu’un choix d’internaute, c’est déjà quelque part un choix de vie.

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