Ce qui arrive
Jean-Charles Fitoussi filme avec un LG. Ce téléphone est rectangulaire, ce qui permet de le poser sur n’importe quelle surface plane et de filmer ainsi sans bouger. A peine est-il nécessaire d’être présent. Le téléphone tourne tout seul.
En voyant cette vidéo, et en particulier ce plan, je me demande si Jean-Charles se trouve dans la cabine, et/ou s’il a posé son téléphone. Je suis pratiquement certain qu’il l’ai posé, seul sa présence pose question.
J’ai toujours aimé l’idée qu’une image pouvait se faire sans moi. Le téléphone permet qu’on s’en remette à lui. Dans ce cas, il attrape tout ce qu’il peut, dans le cadre qu’on lui donne. Il sert d’épuisette. La question n’est dés lors plus : qu’est-ce qu’on prend (quel est le cadre, qu’est-ce qui est regardé) mais plutôt qu’est-ce qui arrive ?
Ce qui arrive, c’est l’accident. Un film fait d’accidents est-il encore un film, ou juste un document ? Nous arrivera-t-il un jour de regarder ce genre de documents comme on regarde aujourd’hui un film ? Comme on regarde la vidéo d’une webcam, des séquences de vidéo surveillance. Parfois l’accident fait l’oeuvre. Dans d’autres cas, c’est au contraire l’absence d’accident, sa reconstitution qui fait oeuvre (à l’instar de Philip-Lorca diCorcia, par exemple).
Eveiller - Veiller - Surveiller. Les trois pôles de l’image.



Le 26/06/2008 à 14:45
c’est vrai qu’il y a de plus en plus de fiction qui se tournent directement avec le portable.
merci pour le post, intéressant.