Petit souvenir de vacances et plan à appréhension décalée
Hier soir au Cirkus, c’était Party time, avec Dj Demon Jukebox. Ici à Reykjavik, tout le monde a au moins 3 emplois. Dj demon tient durant la journée un vidéo store plutôt bien fourni, et s’improvise le soir venu Dj et poéte. Au Cirkus ce soir là, Johan Johansson m’a parlé de son prochain album qui sort ces jours-ci en Islande. Je préfére personnellement le travail qu’il mène dans son coin et les albums qu’il édite en son nom propre. Apparat organ quartet verse plutôt dans une musique ludique et survitaminée. Je dois repasser par 12 tonar demain, histoire d’écouter davantage de CDs et de déffricher un peu plus l’étonnante scène islandaise.
Pardon pour cette petite interruption. Je n’ai pas eu accés à Internet pendant quelque jours. Voici les premières images d’Islande, où je suis arrivé samedi. Entre thrift shops et geysers, les activités ne manquent pas. Hier j’ai rencontré Dagur Kari et Balthasar Kormakur, et croisé Roni Horn à la gallerie I8. Inutile d’en dire plus, ce voyage se révèle bien plus intéressant encore que je n’avais pu l’imaginer. Voici la première vidéo, les photos sont sur treo-blog.
Seuls quelques bugs conférent à cette petite vidéo une temporalité, sans quoi elle serait réduite à l’état de carte postale ou de papier peint. Certes il y a les oiseaux, mais paradoxallement on y croit pas, ou moins qu’à ces bugs, car c’est eux qui font croire à la vidéo et rien d’autre.
Ca y est, Jumpcut racheté par Yahoo…ça va masher fort !
Et pour la peine, voici l’autopsie d’un bambou.
Sandals sports finals champion
Le plus drôle dans l’histoire n’est ni le ralenti, ni le déclenchement du geste au “plaf” fatidique, mais ce grand sourir béat, une fois la performance achevée.
++Vincent Bergerat++
Doggyfication of the world. Madeleine, Alexandra Compain-Tissier, Vincent Bergerat.
Je me suis fixé la règle de découvrir une vidéo de Vincent Bergerat tous les jours. Et le plaisir, à chaque fois, est croissant.
Ici c’est le vide qui se remplit d’aboiements. Le cadre est fixe et la distance peu à peu se creuse. Quelque chose nous arrive qui n’est pas bienveillant. Quelque chose de bloqué, de crispé, qui saute à la gueule. Et puis c’est le renversement, le petit pied de nez, la réduction ridicule de l’aboiement idiot. Brutus, Brutus, Brutus est un précis d’idioties canines. Ce que je préfére sans doute, c’est l’aboiement à moitié réprimé de Vincent Bergerat derrière le téléphone : il film le chien qui lui demande “mais qu’est-ce que tu me veux ?” Et Vincent aboit. Seul, derrière la caméra, devant le chien. Retour à l’envoyeur.
Bien sûr ce côté profondément burlesque : tous ces gestes dans le vide, sans objet apparent, à la fois maladroits et héroîques, évoquent les récits épiques et les jeux d’enfants. La parole elle-même semble catastrophée, réduite à l’état d’onomatopées. The hunt est une scène éternellement rejouée, réduite ici à sa plus simple expression, ou devrais-je dire augmentée par un joli sens du détail. Tout ces plans sérrés sur les outils par exemple, le premier notamment sur cet espèce de balais à serpière qui prend d’un coup l’aspect d’une arme bien étrange. Tous ces plans fonctionnent à merveille comme autant de clins d’oeil subtils.
La catastrophe dans le burlesque, c’est ici (Keaton et Lloyd), et là (Sokurov).
++Vincent Bergerat++
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