Archive pour la catégorie ‘Jean-Charles Fitoussi’

Ce qui arrive

Jean-Charles Fitoussi filme avec un LG. Ce téléphone est rectangulaire, ce qui permet de le poser sur n’importe quelle surface plane et de filmer ainsi sans bouger. A peine est-il nécessaire d’être présent. Le téléphone tourne tout seul.

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En voyant cette vidéo, et en particulier ce plan, je me demande si Jean-Charles se trouve dans la cabine, et/ou s’il a posé son téléphone. Je suis pratiquement certain qu’il l’ai posé, seul sa présence pose question.

J’ai toujours aimé l’idée qu’une image pouvait se faire sans moi. Le téléphone permet qu’on s’en remette à lui. Dans ce cas, il attrape tout ce qu’il peut, dans le cadre qu’on lui donne. Il sert d’épuisette. La question n’est dés lors plus : qu’est-ce qu’on prend (quel est le cadre, qu’est-ce qui est regardé) mais plutôt qu’est-ce qui arrive ?

Ce qui arrive, c’est l’accident. Un film fait d’accidents est-il encore un film, ou juste un document ? Nous arrivera-t-il un jour de regarder ce genre de documents comme on regarde aujourd’hui un film ? Comme on regarde la vidéo d’une webcam, des séquences de vidéo surveillance. Parfois l’accident fait l’oeuvre. Dans d’autres cas, c’est au contraire l’absence d’accident, sa reconstitution qui fait oeuvre (à l’instar de Philip-Lorca diCorcia, par exemple).

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Eveiller - Veiller - Surveiller. Les trois pôles de l’image.

Distribuer le temps

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Le frigo de Jean-Charles

Ce soir, j’ai regardé l’ensemble des vidéos que Jean-Charles Fitoussi partage sur son weblog, jour aprés jour, depuis prés d’un mois et demi. Elles se suivent et ne se ressemblent pas. Inutile d’y chercher une quelconque cohérence, ni même l’ébauche d’une éventuelle intrigue. Ces vignettes forment une œuvre en devenir. Les mots, les motifs, les histoires se mettent en place lentement. On se remémore des personnes, qui s’invitent en fantômes. On voyage librement dans le temps à mesure que l’on parle, mais ce temps est problématique et jamais linéaire. Il est le point d’achoppement des images, leur principe d’ordre et de désordre. Les personnages, dans ce contexte là, sont autant de passeurs. Ils passent le temps, distribué au petit bonheur la chance. Par le hasard.

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Les images japonaises convoquent à leur manière les joies du présent sur un mode saugrenu et burlesque. Entre contemplation appliquée et plaisirs simples, les figures sont sages et presque enfantines. Les images sont mises en scène, par le biais de citations musicales ou cinématographiques. Nous sommes dans le temps du cinéma, où le jeu, les poses et les mots n’ont ni âge ni raison. On songe naturellement à Christophe Atabekian qui réalisait il y a trois ans déjà ses phone bills (voir à ce propos le petit bilan critique d’alors).

Alors comment redistribuer ces images ? En ajoutant des mots qui les traversent de part en part, un nouveau temps qui fait corps avec elles. Le seul temps qui soit hors du temps. Celui du film.