Archive pour la catégorie ‘Internet’

Nuage documentaire, explications

En travaillant ces derniers mois au développement du documentaire de Sandrine, nous avons eu l’occasion d’envisager un renouvellement possible de la forme documentaire, à la faveur de l’apparition de nouveaux outils de réalisation et de diffusion.

Voici le résultat - modeste et provisoire - de notre réflexion. Si vous souhaitez disposer de l’article en pdf (licence Creative Commons by-nc-nd - 2.0), téléchargez le.

Nuage documentaire - Définition, logiques, techniques

Ce petit article pose les bases d’une réflexion toujours en cours, sur la manière dont le documentaire peut être servi et revisité par les outils multimédia. Nous partons du principe qu’un documentaire offre le plus souvent un point de vue construit sur une réalité nécessairement montée. Donner à voir d’autres images que le documentaire fini, et offrir ainsi au spectateur la liberté de naviguer entre toutes ces images permet de démonter le rapport que nous entretenons au documentaire. Ce principe nous sert de point de départ pour imaginer à quoi pourrait ressembler les documentaires multimédia de demain.

Un nuage pour voyager

Nous disposons généralement de plusieurs outils de prise de vue (caméra, appareils photo, cameraphones) pour réaliser des documentaires, et documenter leur fabrication. Ils permettent de tâtonner, de creuser un sujet, une matière en images. Le spectateur quant à lui dispose de plusieurs écrans, auxquels correspondent des films de formats différents, des expériences particulières. Sa perception d’un sujet est également progressive, et s’opère sous plusieurs angles. Ainsi se répondent deux postures, celle du réalisateur qui tâtonne en images, et celle du spectateur qui déambule parmi elles.
Afin d’illustrer cette correspondance, nous nous appuyons sur l‘image du nuage.
Nous aurions pu avancer l’idée d’un documentaire hypertexte, où chaque écran renverrait à l’autre pour permettre au spectateur d’approfondir un sujet, d’entendre une autre voix, de découvrir une autre approche d’un même sujet. Seulement cette approche est quelque peu datée, et empêche de penser convenablement la navigation entre les différents documents, les multiples couches de sens. Pour cela, nous avons besoin d’espace.

Le « cloud computing » est une notion plutôt jeune. Elle définit les applications riches en ligne, qui se substituent peu à peu aux logiciels de bureau. Ces applications sont hébergées sur des serveurs, et accessibles à partir de browsers d’ordinateurs, de téléphones mobiles et de PDA. Elles permettent d’enregistrer des données, de les stocker de façon évolutive et de les rendre accessible où que l’on se trouve. Au « Cloud computing » nous souhaiterions faire correspondre le « cloud programming », soit une programmation de vidéos documentaires en nuages.
Pour mieux penser le documentaire à géométrie variable, nous avons imaginé à quoi pourrait ressembler un documentaire s’il devait être un nuage. Une œuvre qui comporterait plusieurs parties, qui chacunes seraient conçues pour être regardées d’une certaine manière, sur plusieurs écrans, à des moments différents.

Nous ne sommes pas convaincus de l’idée selon laquelle des œuvres seraient conçues spécifiquement pour Internet, le mobile ou la télévision. Certains écrans tels que le mobile induisent des usages, mais pas plus que l’ipod, le palm ou la psp qui vont se nourrir sur Internet et sont – au même titre que le téléphone – de petits écrans nomades. Le documentaire en nuage procède de ce constat et revendique le droit des œuvres à voyager d’un écran à l’autre. La forme du nuage incite au voyage, c’est ce sur quoi nous souhaitons mettre l’accent : sur les relations dynamiques existant entre les vidéos, plutôt que leur stricte assignation à des écrans. Concevoir par exemple une vidéo courte composée de gros plans pour le mobile est pertinent, et en un sens souhaitable, mais n’empêche pas de rendre disponible cette vidéo sur d’autres écrans.

Le documentaire en nuage se compose de trois parties, correspondant chacune a priori à un écran.

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Le nuage en images, logiques narratives et interactives

Nous illustrons les relations existant entre les films au moyen du schéma ci-dessous.

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La convergence des outils, et l’unification des plateformes de diffusion milite pour une navigation sans cesse plus fluide. Internet devient un lieu accessible à partir de plusieurs écrans. Les conditions de réception obéissent à des aléas de supports, de connexions et de temps. Supports : tout dépend du lieu où l’on se trouve, des outils dont on dispose. Connexion : peut-être a-t-on un accès Internet, ou seulement la possibilité de stocker des programmes pour les visionner offline. Temps : on dispose de 52 minutes ou de 2, on prend 2 minutes au milieu des 52 minutes pour approfondir une idée, ou simplement prendre l’air.

Œuvre à géométrie variable = expérience à géométrie variable

Un système d’annotation simple permet d’envisager deux scénarii, selon que le spectateur est en ligne ou pas.
À la fin de chaque vidéo, plusieurs liens pointent vers les sujets évoqués et renvoie le spectateur à d’autres films. Le lien est dynamique ou pas, selon que l’on est en ligne ou pas. Ce système d’astérisque permette une déambulation naturelle à l’intérieur même des films.
Ces astérisques sont complétés par des tags mobiles, qui permettent directement pour un téléphone notamment d’accéder à une vidéo en prenant le tag en photo. Les tags peuvent être utilisés à la manière de virgules, notamment dans les documentaires de 52 minutes.

Conclusion provisoire

L’idée n’est pas avec le nuage de plaquer artificiellement de nouveaux modèles sur une forme si éprouvée, si traditionnelle que celle du documentaire. Le nuage indique au contraire que c’est en lui que le documentaire trouvera les termes de son renouvellement. Passer d’un documentaires articulé à des documents à interpréter, c’est accueillir la polysémie au sein des images, et avec elle le regard du spectateur, partie prenante de la construction du sens. C’est là que la perpétuelle mort de l’auteur pointe le bout de son nez. Mais alors, il est temps de clore cette première réflexion, de s’arrêter pour songer à la suite.

Un festival d’idées - Le blog de mes élèves à Paris III

J’ai le plaisir d’annoncer la création du blog du cours que je donne à Paris III. Il s’appelle Un festival d’idées, le groupe qui en a la charge est composé de Léo, Marina et Oriane, et son grand architecte est le trés dévoué et excellent Nicolas.

Le blog est encore trés jeune. Il se propose de synthétiser les travaux des différents groupes de travail. Chacun oeuvre dans un domaine particulier et doit présenter au terme du semestre une fiche technique dont l’objectif est de résumer une étape précise de l’organisation d’un festival : faire une demande de subvention, gérer la traduction des copies, leur assurance et leur transport, trouver les salles, planifier la communication, concevoir le site internet, etc.

J’ai certes avec ce cours et ce blog quelques idées derrière la tête, notamment celle d’initier une réflexion sur la mutation actuelle des festivals à la faveur de l’émergence de nouveaux modes de diffusions et de consommation des images. Je parle de “consommation” afin de pointer du doigt les effets induits par ce phénomène en terme d’expérience et de gout.

Plus précisément encore, j’entame une réflexion sur la manière dont les festivals peuvent trouver dans Internet un prolongement utile et pertinent. Ces jours-ci, de plus en plus de festivals créent leur webTV ou concluent des partenariats avec des plateformes vidéos et même des sites communautaires. Dans quelle mesure ces initiatives sont-elles bienvenues ? Le festival de Rotterdam annonce vouloir récompenser sur son site un court-métrage par mois et montrer à l’issue de la première année ces court-métrage dans le cadre d’une scèance spéciale. Avec New Arrivals, Rotterdam s’ouvre à Internet tout en reconnaissant ses limites et en confinant ces courts, aperçus dans de petites lucarnes, à des programmations hors-compétition. D’autres festivals font le pari des sites communautaires, afin de drainer vers eux plus de trafic et de mieux cibler les communautés de créateurs. Pari payant ou hasardeux ? A mes étudiants de voir, je reviendrai quant à moi sur ces questions plus en détail, peut-être sur ce blog, peut-être ailleurs (je m’éloigne des films de poche ces temps-ci).

Capture me quick : vers la diffusion vidéo en temps réel de tout et de tous sur Internet #2

Suite du premier numéro de Capture me quick.

Voici la démo :

You saw it first here about Motvik, a new start-up company in the media space. I

In this video demo watch how your camera phone can stream live video clip to your laptop.

Bangalore-based Motvik is launching its alpha version of its product WWIGO (pronounced 'vigo') which means "Webcam Where I Go" today.

Go over to the second clip…and watch another demo of how the camera phone is used away from your laptop or PC. You are free to roam and take video and stream them live on your laptop.

Via Picturephoning

Monkeyvision : les singes ont de l’avenir

Le nouveau Wired est tout frais tout chaud, et réserve ce mois-ci quelques beaux articles. En couv’, la jolie frimousse de Lonelygirl15, qui sous ses airs enfantins cache décidément bien son jeu. Au sommaire, un article de fond sur YouTube et une mise au point avec les inventeurs de Lonelygirl15. De nouveaux termes pour tenter de mieux cerner les évolutions à venir de la vidéo online, et deux ou trois recettes pour inventer les hits de demain.

On commence par “Monkeyvision”. Le mot a de quoi faire sourire, mais il rend bien compte du côté à la fois florissant et saugrenu des vidéos uploadées sur YouTube. Il n’en demeure pas moins que le terme est opaque. Bob Garfield - l’auteur de l’article - ne manque d’ailleurs pas d’accompagner celui-ci d’une suite d’exemples, qu’il a la bonne idée d’illustrer à l’aide d’une chaîne conçue à cet effet. 6 vidéos y sont présentées, drôles, grotesques, mignonnes, bref il y en a pour tous les gouts. Monkeyvision permet de mieux saisir l’aspect inachevé, inattendu, farfelu et parfois génial du user generated content.

La question est ensuite de savoir qui est le “monkey” dans l’histoire. Ceux qui postent ou ceux qui regardent ? Mauvaise question, car dans l’histoire ce qui compte ce sont les chiffres aprés tout. Et les chiffres disent que nous sommes tous des singes, que ceux qui postent et ceux qui regardent sont les mêmes, qu’ils se parlent en échangeant des mots mais aussi des vidéos. Monkeyvision est donc avant tout une affaire de communauté.

Le problème du singe, c’est qu’il est segmentant. Enfin, c’est ce que se disent les annonceurs, qui pensent encore en terme de masses. Bon, la segmentation n’est pas un risque. On va créer un groupe “cute cat” et un autre “speed car”, laisser les membre classer les vidéos, et placer des pubs ciblées.
…Oui, mais segmentant, segmentant, genre vraiment limite parfois, un peu trash et hors norme. Monkeyvision réserve des surprises et pas forcément toujours les bonnes. Bien sûr il y a des risques, l’annonceur peut acheter des mots clés (”cat” encore) et se retrouver accolé à la vidéo d’un goth dégustant un cadavre de chat (véridique !). Bref, voilà pour Monkeyvision : le règne des singes se profile, et ses termes peu à peu se précisent.

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Passons à Lonelygirl, qui commençait à s’ennuyer. Les deux petits prodigies ne sont pas peu fiers de parader dans Wired, et ils le méritent bien. Miles Beckett le dit et le répète à qui veut bien l’entendre :

It’s a new medium. It requires new storytelling techniques. (…) What’s needed, he says, is content that’s built specifically for the Web. It doesn’t need to be lit like a film – that would make it feel less real. The camera work should be simple. There shouldn’t be a disembodied third-person camera – a character is always filming the action.

Bon, on la fait courte et on essaye de regarder la chose de plus prés :

1/ Keep it short. (ou “snack-sized content“).

You make movies for the big screen, sitcoms for TV, and something else entirely for the Internet. That’s the lesson of Lonelygirl15.

Les vidéos elles-mêmes sont constituées de morceaux choisis, à la manière d’un best of, ce qui permet de rompre l’impression de durée et de multiplier les impressions. Il y a du coup un côté zapping…

2/ …mais un zapping sur une même figure, qui s’envisage comme un paysage à multiples facettes. Tout le monde y trouve son compte : Bree à une gueule de cartoon, de teenage, d’extra-terrestre, de ce que vous voulez. Personne ne pense la même chose, et c’est ça qui plait à tout le monde. Raconter une histoire, c’est comme partager un mythe : sa puissance réside dans sa capacité à nous faire imaginer, à nous faire voir ce qu’on veut y voir. 2/ Gueule > mythe

3/ Realité/fiction : la distinction n’est plus opérante, le fait que tout le monde apprenne que Bree s’appelait en fait Rose n’a rien changé, du moins en terme de trafic. Dans “Storytelling” il y a “story”. Aprés qu’elle soit vraie ou fausse, what’s the hell, comme ils disent.

4/ Evidemment, il y a l’écriture. Là il faut être malin, et regarder du côté des séries. Ces monkeys savent bien où aller chercher l’inspiration, du moins lorsqu’il s’agit de distiller dans la narration quelques tricks, coups et rebondissements. Et là il n’y a pas photo. La première vidéo à atteindre les 500 000 l’a fait grâce à un trick : “my parents suck” (sic !).

5/ Je ne sais pas encore. L’étude des singes est un exercice long et fastidieux.

++Podcast bonus de l’entretien (Wired)++

J’en profite pour signaler un nouveau venu : ça s’appelle NewTeeVee, et c’est un blog Giga OM (qui commence à faire pas mal de petits).

Web quoi ?

Une fois n’est pas coutume, le NYTimes signe un excellent papier sur le web 3.0, et lance ainsi la discussion. A première vue, Le web sémantique ouvre des perspectives passionnantes. Cette technologie permettra par exemple, à partir d’une requête contenant une ligne de dialogue, un fragment de synopsis, de trouver directement le film que l’on cherche. Mieux, en combinant tous vos besoins en vue d’un tournage (lieu, lumière, HD/Pellicule, budget, etc.), de trouver immédiatement la caméra qui convient le mieux.

L’image de Dawn et Xiaxue

Retour sur ces filles qui se plaisent tant à se mettre en scène. Elles sont les héroines d’une série qui se jouent sur la toile, et opére directement sur la réalité. Le plus fascinant pour moi réside dans l’image qu’elles projétent. Leur visage est maquillé et transformé, si bien qu’on ne peut s’empêcher en les regardant de songer aux poupées de cires (celle d’hier mais aussi d’Innocence). Ces filles n’ont pas de chaire, il y a en elle quelque chose qui trompe - seulement quelque chose qui trompe et qui fait écran. Au-delà on ne sait pas, on se doute, mais on ne peut pas savoir. Tout en elles fait écran et c’est cela qui fait qu’elles existent. Elles sont de pures surfaces de projection, des caches, des abîmes.


Xiaxue joue au roman photo, mais l’on peut aisément imaginer du roman mobile, posé mais tourné à la volée : une poupée de cire avec une voix un peu transformée et une image dégradée. Non plus une surface de projection mais une surface en décomposition à la fois profondément documentaire, et quelque part surnaturelle.

Kevin Rose

Cela n’a rien à voir avec les films de poche, mais cela concerne directement les blogs. Cela va tellement dans le sens de ce que je pense, que je ne peux pas m’empêcher de vous renvoyer vers ce post. Rafat revient sur la couverture que fait Business Week de la sucess story de Kevin Rose (Mister DIGG). C’est court, bien envoyé, et trés éloquent.

Fan fiction

Voici une première catégorie de films de poche sur laquelle il me tient à coeur de réfléchir, à la faveur de l’actualité, notamment de celle de Snake on a plane.

C’est le genre de videos qui trainent sur Internet, et à partir desquelles il est possible de concevoir des films remontés (voir l’expo Playlist au Palais de Tokyo) ou parodiés (voir Kill Bill), mais également des bandes annonces détournées, comme c’est le cas avec Snake on a plane.

Arte VOD


Arte VOD, originally uploaded by Matthieu Chereau.

Un chat est prévu avec Jérôme Clément le 28 février prochain. La newsletter d’Arte annonce qu’on pourra lui poser plein de questions, et suggére en exemple la VOD. Cliquez sur le lien “VOD” et vous tombez sur cette page (sauf si vous utilisez ie). Imaginez qu’ils bossent sur leur plateforme VOD depuis au moins un an, que des 10aines de réunions ont été nécéssaires pour la développer, et qu’ils ne sont même pas capables de faire un site compatible avec tous les navigateurs. Rien que Firefox est utilisé par environ 15% des internautes…c’est tout bonnement ridicule.

Mashup 2

En parlant de Mashup, voici Democracy, un agrégateur vidéo solide, en open source comme il se doit. Une TV qui s’appelle Democracy, c’est beau, non ?