Archive pour la catégorie ‘Festivals’

Entretien avec Paulo Hartmann, directeur du Mobilefest à São Paulo

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Comme je l’avais promis, je prépare une toute petite série d’entretiens, histoire de faire le point sur ce qui se passe dans le monde autour du film de poche.

Aujourd’ hui, petit questions/réponses avec le fabuleux Paulo Hartmann, qui dirige le ((((((MOBILEFEST)))))) au Brésil. L’entretien est en anglais. Honnêtement, j’ai la flemme de la traduire ! Bonne lecture.

It’s been two years that you organize the Mobilfest. Don’t you think that opinions, analysis, and creations hasn’t change a bit in terms of usages and forms created with mobile, since 2006 ?

Yes, unfortunately I believe that somehow we all face a very slow process of the possible contributions that mobile technologies can offer to different sectors of society.

At the end of the day, it is still seen, both by users and industry, as something “new” . Mobile services prices in Brazil, such as MMS, are still very high, representing a barrier of content distribution among users. Interoperability - in Brazil there are 8 mobile carriers - is not exactly fully operational, since the transmission between certain carriers does not always work completely.

At the same time, we can say that SMS is fully integrated and is getting a non-official position as a mass learning literacy tool, especially in a country like Brazil. We are living an interesting period in the educational sector, especially after Brazil assigned as OLPC pilot country. After that, some other mobile and wireless technologies have been applied to pilot projects like Classmate PC and Mobilis Computer. Mobilefest is working to broaden this experience to handheld devices and mobilephones.

In the last Mobilefest seminar that you organize, what are the big trends that was identified ?

Mobile should definitely be considered a high point. We invited the boot-camp MobileActive to take part within Mobilefest program. We had very intensive and immersive days, with a series of activities and case presentations from Zimbabwe, Ukraine, South Africa, Brazil among others.
Some other very impressive trends were the rise of wearable computer projects that push the question of mobility further. Projects like Ovü | Wearable Fertility Tracker, by Kate Bauer and Aphrodite Project, by Norine Leddy, was indeed a hit, getting attention from mainstream media like Programa Hebe Camargo, a TV show aimed to non-tech audience.

Mobilefest is very pluridsciplinary. To which extent do you think that this approach encourages the mix between different approches. For instance mobile performance as a piece of art, and as a social experimentation or a political event.

I think that transdiciplinary is one of the key factors in Mobilefest, as we understand that mobile technologies in order to be completely covered should be analised in all possible layers of reality it acts, reflects and reverberates. A good example was the debate we had in Mobilefest’s 1st edition: The society of the mobile spectacle, with the presence of two artists Adriene Jenik and Christian Wiener, one photojournalism editor Juca Varella and one psychoanalyst specialised in subjectiviness.

That’s how we understand it’s possible to create a complete discussion around such complex issue as mobility and wireless technologies. Otherwise it would be a discussion aimed for a very specific group, like other events around the world have done for at least one decade.

What is this Campus party about ? Do you intend to create some kind of university all year long around mobile usages and creations ?

Campus Party is a Spanish event on its 11th edition in Spain and, this year it was held outside Spain for the first time, having Brazil as the first country to experience this environment. Due to Mobilefest transdisciplinary, we were invited as curators for the whole mobility area in the event called as Campus Móvil. It was a very good experience for us since we could get in touch with a broader and different audience that we were used to. Also it was the first of a series of activities that we are planning for this 3rd edition.

The term “mociology” was coined a few years ago, to define news usages created by mobile tools. It seems to me that very few people wrote some things about it, and there are only a few papers dealing in a prospective and original way with this topic. Am I wrong ? Is Mobilefest also working on it ?

Precisely! surgically precise I would say. :)
Mobilefest main question absolute reflects that: How can mobile technology contribute to democracy, culture, art, ecology, peace, education, health and the third sector?

Thanks a lot Paulo.

Si vous souhaitez participer à l’appel à création lancé par le Mobilfest, n’hésitez pas à consultez les informations utiles sur leur site web. Ils concernent les appels à contributions universitaires (pour les papers) et les appels à créations vidéos.

De retour de Brest

Je sais, cela peut paraître dérisoire, mais je tenais juste à rendre hommage au Vauban.

J’ai passé en tout et pour tout 12h à Brest. Je n’y ai rien vu, si ce n’est quelques courts-métrages et cet hôtel, dont je me souviendrais longtemps !

Si vous passez par Brest un jour, allez goûter ne serait-ce que quelques heures la poésie désuette des lieux, et n’hésitez surtout pas à visiter son night club, de tout premier ordre !

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Voyage de luxe

Ces quelques jours passés à Reykjavik furent comme je m’y attendais inoubliables. De belles découvertes musicales, de jolies rencontres, et toujours ce pays qui me fascine. Décidément.

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Un grand merci au festival de Reykjavik pour son accueil et sa confiance.

Quelques leçons du festival des 4 écrans

Courageux ce premier festival, initié par quelqu’un qui n’a plus rien à prouver et qui pourtant s’aventure dans de nouvelles contrées.

Hasardeux aussi, tant les pistes sont indéfinies et traversent des contrées aussi différentes que celles de l’économie, du journalisme et du cinéma.

Comment dans ce cas faire en sorte que les discours communiquent entre eux, si les références mais également les valeurs sont différentes. Si chacun à sa petite idée sur le sujet, ou pire n’en a aucune et avance à vue, sans prendre la peine de remettre en cause les valeurs qu’il défend ou les mots qu’il utilise ?

Je le dis sans provocation, mais en sachant bien que cela dérangera. Il faut tirer de ce festival 2 leçons : la nécéssité d’annuler la distinction entre journaliste et amateur d’une part, et entre documentaire et fiction de l’autre.

Ces idées viennent du cinéma, qui est bien plus sage et finalement lucide sur ces questions. Parce qu’il respecte et aime surtout ce qui est filmé au point de ne pas faire la différence entre le vrai et le faux. Parce que pour lui le monde est un et indivisible. Parce qu’il est le point ultime de la mimésis, qu’il dépasse.

Et il serait bien temps qu’à la faveur des nouvelles images, la réflexion les entournant - fût-elle intiée par la télévision - prenne acte de cela et se replonge dans la littérature contemporaine. On y trouve en effet, de Debord à Baudrillard, des idées éclairantes pour penser les médias et leurs nouvelles images. La notion de simulacre notamment permet de dépasser sur un autre terrain les termes et les idées échangées durant le festival.

Simulacre. Du latin simulacrum « statue, fantôme, représentation mnémotechnique des objets, portrait moral »

1. (Lucrèce). Émanation des réalités matérielles saisies par la vision. Image dégagée en permanence par la pellicule superficielle des corps parfois si ténue que seule l’imagination ou la pensée peut les saisir. Assemblage d’atomes s’échappant des objets qui viennent frapper nos organes sensibles, ou qui, en leur échappant par leur légèreté, se combinent dans nos rêves.

2. Représentation d’une personne, d’une chose en tant qu’elle n’est qu’une représentation pas la chose elle-même.

3. Imitation trompeuse donnée pour la chose même.

4.Apparence qui n’a pas les propriétés d’une réalité.

5.Image matérielle d’une divinité. Idole.

6. (Couramment). Faux-semblant, caricature, parodie, comédie dans l’intention de tromper. Simulacre de justice.

Nous n’avons vu au cours de ce festival, que des “imitations trompeuses données pour la chose même”. Mais notre quotidien est fait de ces imitations, qui le saturent de part en part. Au réel se substitue le jeu des simulacres, tel que Baudrillard l’entend.
Dans ce contexte, le journaliste doit se poser une question simple. Que peuvent les nouvelles images ? Doivent-elles ajouter au bruit ambiant, et se contenter de produire des images qui prétendent construire le réel. Ou plutôt envisager d’autres pistes, en reconnaissant que l’approche journalistique du réel est trop fragile pour ne pas être questionnée et révolutionnée.

Alors on se demandera si le journalisme a bien encore lieu d’être, et si l’on ne ferait pas mieux finalement de passer à d’autres mots, à d’autres formes, à une autre éthique enfin, plus rigoureuse et plus honnête.

Festival 4 écrans

Pour participer, il vous suffit de vous rendre sur le site vidcast de SFR.

Deux sens du pocketfilm

Un article intéressant est paru il y a quelques jours dans ParisArt. Dans le texte qu’André Rouillé écrit à propos du festival Pocketfilms, il dit ceci :

Du majeur au mineur, le cinéma cesse ainsi d’être représentatif pour tendre vers ses extrêmes ou ses limites. On passe d’un usage représentatif à un usage intensif du cinéma. Exprimer une sensation, capter un instant fugitif, traduire une intimité, saisir une humeur, signifier une proximité, etc., seule peut le faire une caméra qui colle au corps, qui l’habite et le prolonge, qui vibre avec lui.

L’idée d’un cinéma intensif ou vertical est éclairante, dans la mesure où elle pointe certaines caractéristiques des films de poches les plus beaux : tentation de rentrer dans ce qui est vu et d’en décrire les moindres contours au point de sombrer parfois dans l’abstraction, envie de confessions, de paroles dites ou écrites, c’est le cinéma mineur le plus attachant mais aussi celui qui atteste de la plus grande justesse et d’une certaine intelligence dans l’usage qu’il fait du téléphone.

Ailleurs oeuvrent les naïfs et les joueurs, qui privilégient la joke. Rien de mal à cela. Mais en choisissant de verser dans le pur exercice de style, ils font - sans s’en apercevoir peut-être - l’exact contraire de ce cinéma intensif. Ils cèdent aux facilités d’un cinéma de diversion, qui écarte de ce qui est vu et distrait. Un cinéma distrait : séparé, retranché d’un tout. Séparé du sens et des formes qu’il prétend découvrir. Insignifiant. Un cinéma qui n’en est plus un, qui verse dans le programme de flux, l’objet à digérer, au risque de l’indigestion.

De retour de Cannes

2 ou 3 choses à dire au retour de Cannes.

D’abord les choses qui fâchent. Tarantino et Kusturica : l’exact opposé de Lynch et WKW (cf. ma petite thèse sur l’exténuation des formes). Allant chercher du côté de la surenchère, ils ne sont plus que l’ombre d’eux-mêmes, et sombrent dans l’auto-parodie au risque d’ennuyer ou d’irriter. C’est navrant et franchement dégoutant. Je n’ai personnellement jamais rien attendu de Tarantino, cela me navre seulement pour Kusturica, dont le Papa est en voyage d’affaire reste un jalon de ma cinéphilie.

Le Gus Van Sant évoque tantôt une sorte de Mort à Venise un peu mielleux, tantôt quelques vidéos de skate cheap. Il y a comme chez Harmony Korine, une sorte d’esthétisation forcenée du teenager, laquelle passe immanquablement par le ralenti. On dirait que GVS se cherche, cède à certains penchant pour la contemplation béate de visages rapahelites, et tente de se rattraper en jouant sur différents registres de musiques. C’est forcé et plutôt maladroit.

Ensuite l’éclatante santé du cinéma roumain, qui se manifeste déjà depuis quelques années. Cette santé n’est pas seulement confirmée par la palme d’or mais aussi par le Grand Prix un certain regard décerné à California dreamin’. Ce film n’aurait pas démérité en compétition officielle, et parait à plusieurs égard plus riche et plus audacieux que 4 mois, 3 semaines et 2 jours. Je le recommande à tous, il est à la fois brut et subtil, a du coeur et pas mal d’esprit. Il pose un regard plein de compassion mais aussi de rancoeur sur les américains, plein de bonnes intentions mais finalement maladroit et destructeurs.
Ce hiatus au coeur de l’éthique de conviction, Cristian Nemescu le film avec une certaine habileté et une virtuosité qui confine parfois à l’abstraction. Comme si la caméra, en s’emballant, reflétait un échec de la narration, une impossibilité de dire ou de saisir ces moments où l’histoire s’enraye. J’ai vu dans California dreamin’ bien plus d’audace et de vigueur que dans 4 mois…, j’y ai vu du courage, et une intégrité rare.

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Le Sokourov. Un film de guerre sans un seul coup de feu. Indéniablement l’un des plus beaux films de la compétition. Sokourov aurait pu se contenter d’une fable à la Dino Buzatti, et faire la part belle au désert, à l’ennui, à l’absurdité d’une occupation sans fin. Seulement c’est à tout autre chose que l’on assiste. On assiste - comment dire - à une histoire des sexes. On voit ce qu’est un homme, comment il vit, ce qu’il sent, de quoi est fait son quotidien et à quoi il aspire. On voit la femme et la figure matrimoniale qu’elle incarne, celle qui ordonne et qui nourri, rassure et oeuvre à la réunion. Je ne sais exactement pourquoi j’en viens à voir cela dans le film, et dans le même temps cela me paraît évident. Comme si cet état de guerre ramenait à un état élémentaire, que rien d’autre finalement ne restait que le rapport entre des femmes et des hommes plongés dans le dénuement le plus total. Ce cinéma du dénuement s’avère être d’une incroyable richesse : peaux, poussières, métal, touffeur de l’air. Tout accable dans ce film et pèse sur les épaules des personnes qui restent droits dans le bottes, et fiers comme des caucasiens. L’actrice est dure et touchante. Je ne m’explique pas que ce film n’ai reçu aucun prix.

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La forêt de Mogari enfin. Un rêve de début de nuit. Une grande divagation d’abord dans les champs, ensuite dans la forêt. Je me dis d’abord que ce personnage est fou, car j’aime la figure du fou dans le cinéma japonais. Quoi qu’il en soit, je trouve ce récit du deuil profondément émouvant. Il ne saurait évidemment passer par le verbe et c’est la raison pour laquelle je trouve le film m’est si cher. Le vieil homme et la jeune fille se précipitent dans la forêt comme s’ils se jetaient dans un précipice, en remettant en jeu leur corps, et le rapport qu’il entretiennent à l’existence. Les dialogues sont d’une simplicité déconcertante : c’est quoi exister ? Est-ce que tu existes ? Les deux épiphanies qui jalonnent le film répondent trés directement à cette question, sans qu’il soit nécessaire de le souligner. Je voudrais revoir ce film 3 fois si je le pouvais, comme on parle à un ami.

Can cameraphones can contribute to cinema ?

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Vous trouverez l’article que j’avais rédigé à l’occasion du premier Mobilefest brésilien sur la nouvelle version de leur site. “Can cameraphones can contribute to cinema ?” Tout un programme ! )

Retour sur “les films de festival”

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Aprés avoir fait le tour du débat, et consulté les documents officiels (les deux textes des Cahiers, l’article de réponse de Thoret dans Libé, enfin celui de Positif), j’ai ma petite idée sur l’appellation “films de festival”. Par paresse, fatigue ou ennui, j’avoue avoir cédé à la facilité et employé plus d’une fois le terme. Or, le débat sévissant depuis quelque mois m’encourage à réévaluer ma position. Voici comment.

Je trouve le texte de Thoret faible, caricatural et insultant. Il y plane une odeur de fausse franchise : faits et commentaires sont avancés d’un seul tenant, comme si le réquisitoire avait valeur de constat. Les sigles remplacent les mots pour mieux cacher la misère d’une pensée vulgaire et démagogique.

Ma position est donc la suivante. Il est abusif de parler de “films de festivals” pour la simple raison que ces films tant décriés n’ont plus leur place qu’en festivals. Les dénoncer, c’est omettre de prendre en compte la situation d’un marché qui leur refuse le droit d’exister. Les taxer d’académisme, c’est ensuite prendre la partie pour le tout. Pointer du doigts les quelques auteurs - souvent jeunes - qui par facilité ou malice usent de certains codes pour se ménager un chemin vers les grands festivals occidentaux. Taxer d’académisme l’ensemble des films silencieux, épurés ou contemplatifs, c’est faire preuve d’une impardonnable malhonnêteté intellectuelle en voulant les mettre dans le même sacs, alors qu’ils ressortent chacun d’origines, de projets, d’ambitions différentes. Pire, c’est leur faire affront en leur refusant la qualité d’oeuvres et en les rabaissant à la qualité d’exercices.

Rester attaché à la distribution des discours, c’est reconnaitre au contexte son importance dans la formation du jugement et plus particulièrement encore des termes. C’est la raison pour laquelle il me parait finalement abusif de parler de “film de festivals” d’un point de vue critique. Car programmer n’est pas critiquer. Je suis bien placé pour la savoir.

Dernière chose. Seuls les Cahiers me paraissent dans cette affaire faire preuve de discernement. Je ne suis pas un partisan aveugle de la revue. Au contraire. Je suis seulement heureux qu’ils pointent ici un abus et qu’ils m’aident d’une manière simple et directe à reconsidérer une idée reçue, et considérée par trop de critiques comme une idée acquise.

Yet another festival : the portable festival

Voilà un festival ambitieux, au design flamboyant et aux belles intentions. Au programme pour l’appel à créations, 4 catégories : Short films, music video, look at me, first hand capture. A noter la présence d’”educational partners”. Je ne sais pas si ce genre de partenaires est une spécialité anglo-saxonne, mais il est certain que les festivals français feraient bien de s’en inspirer. Il suffit de voir l’immense travail réalisé par Clermont-Ferrand pour comprendre le rôle que peut avoir un festival dans le domaine de l’éducation à l’image.