Mobile film festival : les vidéos
Voici les 4 vidéos du comité de la claque. C’est ici
J’entame aujourd’hui une série de billets consacrés à plusieurs notions clés, afin de poursuivre l’exploration des différentes formes de films de poches initiée dans un article récemment mis en ligne. J’avais alors proposé une définition en forme de tag cloud. J’y ajoute aujourd’hui la notion de contrôle.
Vous connaissez sans doute ces programmes américains qui diffusent - parfois en live - des courses poursuites. Celles-ci se terminent presque toujours en arrestation, la police en profitant pour faire bonne figure. Dans certains cas certes, l’exercice dérape, l’aventure se ponctuant par un suicide. C’est forcément moins drôle, mais alors ce sont sur les journalistes qu’on tape, la police - elle - a fait son boulot.
Tout cela, c’est fini. Fini le compte-rendu de journalistes-mercenaires d’images en quête de sensationnel, de mêche avec la police pour rendre compte des gros coups (de filets). Les journalistes n’ont plus le monopole de ces images pré-conçues, construites et mises en scène. Peu à peu apparaissent des organisations citoyennes chargées de rendre compte des exactions policières. Elles sont pour l’heure principalement le fait de minorités opprimées, notamment aux Etats-unis où elles commencent à rencontrer les premiers succès. Premier cas d’étude : Cop Watch à LA :
We urge everyone to have a camera on them at all times so if anything happens it can be documented. The concept of patrolling the police is something we are trying to push as a form of direct action,” said Sherman Austin, a founder of Cop Watch L.A., which launched its Web site three months ago.
The three videos shot on cell phones or small recorders capturing Los Angeles police using apparently excessive force to restrain suspects all surfaced within a week.
Au contrôle des images se substitue progressivement le contrôle de ceux-là mêmes qui sont censés contrôler. L’éloge du contrôle doit composer avec d’autres images prônant quant à elle une maitrise du contrôle. Un nouveau contre-pouvoir émerge à la faveur de la diffusion de plus en plus massive des caméraphones.
Ce phénomène apparait au même moment en Asie (voir la vidéo en Malaisie) et en Europe, comme l’attestent plusieurs vidéos présentes sur YouTube. En suisse récemment, une vidéo décrivant l’arrestation musclée d’une enseignante sud-africaine provoquait un scandale :
The Geneva Police Department has a “Rodney King” racial brutality scandal on their hands, documented by an a eye-witness with a camera phone. The video has been broadcasted on all the TV news stations.
Last week two policemen brutaly arrested a 33 year-old South African school teacher who was crossing the street. She was thrown to the ground and handcuffed, they didn’t even smooth down her skirt and left her on the sidewalk with her underwear exposed. The policemen claimed she “looked like an illegal immigrant because of the color of her skin and the way she was dressed”. The two policemen have been suspended.
Il faut évidemment bien ce garder d’occulter les effets pervers de ces vidéos, toutes aussi construites et peut-être partiales que les programmes diffusés sur les networks americains (et TF1) ainsi que l’expliquent certains journalistes (cf. Amateur videos often incomplete).
Le principal enjeu est à présent de faire reconnaitre ces vidéos légalement et de leur conférer une valeur juridique afin qu’elles soient jugées recevables par les tribunaux.
Ensuite d’un point de vue plus analytique, il est clair que ces vidéos indiquent un vrai courant documentaire au sein des films de poche. Documentaire militant mais aussi - dans la forme - faux-documentaire. On peut ainsi redessiner la carte théorique des films de poche avec d’une part la capture des faits et le contrôle par les images, de l’autre la production des faits (avec notamment le Happy Slapping et sur l’anti-slapping) et l’effraction par les images, que cette effraction soit d’ordre légal ou simplement artistique, auquel cas l’artiste s’insinue par effraction dans la réalité qu’il modifie.
Ils en parlent :
++BBC++
++Picturephoning++
Encore un nouveau venu sur le marché des plateformes de vidéos conçues par et pour les mobiles.
“movy.tv is a revolutionary mobile media sharing system. Created by Movidity and based on our advanced patent-pending technology, movy.tv allows practically anyone to upload and share media with mobile devices worldwide. movy.tv empowers users to mobilize practically any archived or live content across a wide range of mobile devices.”
Ceci dit, il est fort probable qu’il se passe trés bientôt la même chose en France, Dailymotion rendant son contenu accessible sur les mobiles. Cela reviendra strictement au même.
Le mobilfest vient de se terminer, mais vous pouvez télécharger mon (long) article sur les rapports existant entre le caméraphone et le cinéma.

Download the paper (pdf) - creative commons, some rights reserved.
Entre art conceptuel et essai absurde, l’artiste tourne.
++MobileVideoNet++
A la conjonction de lonelygirl 15, de blogs phénomènes comme celui de Dawn Yang et des vidéos de petites japonaises qui se présentent et racontent leurs vies, il y a dans un an ou deux une miriade de micro-chaînes qui se créeront en ligne, avec des jolies frimousses qui parleront pour ne rien dire et draîneront des millions de visiteurs. Tout ça grace au caméraphone (mobile) en complément de la webcam (fixe).
Voilà, je ne sais pas trop pourquoi, mais je trouve ces deux-là attachantes à leur manière. Il y a en elle quelque chose qui résiste.
Commentaires récents