Avant j’aimais bien Melissa, je me disais en regardant LCI comment au juste Gilardi faisait pour bosser avec elle tous les jours, que tout de même cela devait être dur, tant elle crevait l’écran, tant elle était irrésistible.
Mais l’effet Melissa le week-end dernier, c’était ça :
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Une émission sur M6 en partie consacrée au Happy Slapping, et hop, mon trafic est multiplié par 10 l’espace de deux jours. Je connaissais l’effet Digg, voici l’effet M6.
Marrant la manière dont un mot, un phénomène, met du temps à se propager. Quelques minutes pour les images, quelques semaines au plus pour les adolescents, mais quelques années pour le grand public, 2 pour être exacte. Je me souviens encore pour Pocketfilms 1 aborder le sujet et tenter de prendre la mesure du phénomène.
Ceci me donne l’occasion de répondre aux questions classiques que les journalistes posent (ils adorent, cela fait figure pour eux de symptôme, c’est inédit et sensationnel, et intellectuellement facilement exploitable, le pied quoi !) au sujet du Happy Slapping.
A la limite, je devrais même éditer un wiki Happy Slapping, car honnêtement si un seul post fait 50% du trafic du blog, quelque part cela devrait valoir le coup…Aprés enquête et recherche du mot du Google, j’arrive juste aprés Wikio.
Donc le bilan sur le Happy Slapping, en deux mots car à vrai dire inutile d’en dire plus. Pour moi c’est la forme la plus primaire, la plus révélatrice aussi de ce que provoque le mobile dans l’espace du public. Il démultiplie l’exposition (tout peut être montré), et ainsi encourage la performance (grace au mobile je me mets en scène, je crée l’évènement dans l’espace public). Autrement dit, les mobiles créent de l’exposition, parce qu’ils voient partout et que ce qu’ils voient est vu partout. D’où l’intérêt de s’exposer, de se mettre en valeur, de faire des coups de pubs, et donc de donner des coups.
Cela semble aberrant comme ça, et c’est finalement ce qui choque le plus dans l’histoire (le mobile n’est pas un symptôme mais un révélateur) : que frapper ou violer puisse être un motif de fierté. C’est à cet endroit précis que s’arrête mon interprétation du happy slapping, car là réside un gouffre difficilement sondable.
Le happy slapping rappelle seulement le pouvoir des mobiles qui est de tout voir, que ce qui est vu l’est par tous, et que par conséquent seul ce qui est excessif, rare et sensationnel peut véritablement sortir du lot, et trouver un public massif et assoiffé. Le sensationnel à tout prix, c’est la violence et le sexe, quelque chose qu’on retrouve finalement dans tous les media, constamment. Tout ça pour arriver au constat finalement que le Happy Slapping est un phénomène logique, engendré par une société schizophrène qui encourage d’un côté et punie de l’autre. L’idée est un peu provocatrice, mais elle aura le mérite d’initier un débat.
Du reste la seule chose peut-être qui m’intéresse dans le Happy Slapping, c’est sa dimension de performance. J’y vois la promesse d’interventions publiques sous d’autres formes, plus créatives et joyeuses.
Le New York Times a publié il y a peu un article trés instructif : Teenagers Misbehaving, for All Online to Watch
Update : le sujet est décidément trés chaud ces jours ci. Quelques artistes s’emparent du sujet, en détournant ces vidéos pour les faire tendre vers le jeu vidéo ou la forme abstraite. C’est ludique et plutôt séduisant, trés facile quelque part, et peut-être même complaisant.
Laura Bey, Invert effects
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