Archive pour la catégorie ‘Cameraphones’

Autoportrait

Le cameraphone a une propension naturelle a filmer l’intime, cela on le sait depuis belle lurette. Capter un secret, traduire une humeur, une idée, une impression, dire quelque chose ou presque rien : l’intime se laisse désirer et échappe alors même qu’on croit le livrer. Ici, c’est plus simple, le but est de se présenter et d’illustrer en deux temps trois mouvements son rapport au design. C’est drôle et percutant. Pour les regarder c’est ici ici.

Capture me quick : vers la diffusion vidéo en temps réel de tout et de tous sur Internet #2

Suite du premier numéro de Capture me quick.

Voici la démo :

You saw it first here about Motvik, a new start-up company in the media space. I

In this video demo watch how your camera phone can stream live video clip to your laptop.

Bangalore-based Motvik is launching its alpha version of its product WWIGO (pronounced 'vigo') which means "Webcam Where I Go" today.

Go over to the second clip…and watch another demo of how the camera phone is used away from your laptop or PC. You are free to roam and take video and stream them live on your laptop.

Via Picturephoning

L’effet M6 - retour sur le Happy-Slapping

Avant j’aimais bien Melissa, je me disais en regardant LCI comment au juste Gilardi faisait pour bosser avec elle tous les jours, que tout de même cela devait être dur, tant elle crevait l’écran, tant elle était irrésistible.

Mais l’effet Melissa le week-end dernier, c’était ça :

Une émission sur M6 en partie consacrée au Happy Slapping, et hop, mon trafic est multiplié par 10 l’espace de deux jours. Je connaissais l’effet Digg, voici l’effet M6.

Marrant la manière dont un mot, un phénomène, met du temps à se propager. Quelques minutes pour les images, quelques semaines au plus pour les adolescents, mais quelques années pour le grand public, 2 pour être exacte. Je me souviens encore pour Pocketfilms 1 aborder le sujet et tenter de prendre la mesure du phénomène.

Ceci me donne l’occasion de répondre aux questions classiques que les journalistes posent (ils adorent, cela fait figure pour eux de symptôme, c’est inédit et sensationnel, et intellectuellement facilement exploitable, le pied quoi !) au sujet du Happy Slapping.

A la limite, je devrais même éditer un wiki Happy Slapping, car honnêtement si un seul post fait 50% du trafic du blog, quelque part cela devrait valoir le coup…Aprés enquête et recherche du mot du Google, j’arrive juste aprés Wikio.

Donc le bilan sur le Happy Slapping, en deux mots car à vrai dire inutile d’en dire plus. Pour moi c’est la forme la plus primaire, la plus révélatrice aussi de ce que provoque le mobile dans l’espace du public. Il démultiplie l’exposition (tout peut être montré), et ainsi encourage la performance (grace au mobile je me mets en scène, je crée l’évènement dans l’espace public). Autrement dit, les mobiles créent de l’exposition, parce qu’ils voient partout et que ce qu’ils voient est vu partout. D’où l’intérêt de s’exposer, de se mettre en valeur, de faire des coups de pubs, et donc de donner des coups.

Cela semble aberrant comme ça, et c’est finalement ce qui choque le plus dans l’histoire (le mobile n’est pas un symptôme mais un révélateur) : que frapper ou violer puisse être un motif de fierté. C’est à cet endroit précis que s’arrête mon interprétation du happy slapping, car là réside un gouffre difficilement sondable.

Le happy slapping rappelle seulement le pouvoir des mobiles qui est de tout voir, que ce qui est vu l’est par tous, et que par conséquent seul ce qui est excessif, rare et sensationnel peut véritablement sortir du lot, et trouver un public massif et assoiffé. Le sensationnel à tout prix, c’est la violence et le sexe, quelque chose qu’on retrouve finalement dans tous les media, constamment. Tout ça pour arriver au constat finalement que le Happy Slapping est un phénomène logique, engendré par une société schizophrène qui encourage d’un côté et punie de l’autre. L’idée est un peu provocatrice, mais elle aura le mérite d’initier un débat.

Du reste la seule chose peut-être qui m’intéresse dans le Happy Slapping, c’est sa dimension de performance. J’y vois la promesse d’interventions publiques sous d’autres formes, plus créatives et joyeuses.

Le New York Times a publié il y a peu un article trés instructif : Teenagers Misbehaving, for All Online to Watch

Update : le sujet est décidément trés chaud ces jours ci. Quelques artistes s’emparent du sujet, en détournant ces vidéos pour les faire tendre vers le jeu vidéo ou la forme abstraite. C’est ludique et plutôt séduisant, trés facile quelque part, et peut-être même complaisant.
Laura Bey, Invert effects

Carnation (suite et fin du délire critique)

En passant d’une échelle à l’autre, de la petite lucarne au grand écran, je me suis aperçu que le teint délicat du modèle changeait. Le visage, d’abord livide tend vers le rose à mesure que le modèle s’apprête. Il devient ce qu’il représente. L’art de la carnation dont atteste la peinture originale trouve son prolongement dans cette métaphorose presque accidentelle ; de la carnation on passe à l’incarnation.

Ailleurs dans Saut à ski, la jeune fille devient par d’infimes gestes (des mains qui équilibrent le corps dans l’air, un corps qui se réceptionne dans la pente) quelqu’un d’autre.

Deux figures duales ou fantomatiques qui rendent présent. L’essence même en d’autres termes de la représentation.

Vermeer présentait, aujourd’hui on représente. L’enjeu reste pour moi de tendre vers la présentation. Pour cela il faudra tôt ou tard sortir de l’art post-produit.

Mobile film festival - retour sur les films de poche conceptuels

Avant-hier je participais aux délibérations pour décider des prix décernés jeudi prochain, lors de la soirée de clôture.

Ce qui est toujours trés sympa dans ces jurys, c’est ce mélange d’insouciance, d’écoute et d’obstination dans le jugement. Les blagues fusent, les arguments sont reçus de bonne grâce et même repris, les tractations vont bon train et chacun défend son poulain. Et puis ça bouge, ça change, on revoit on repense, on tombe d’accord. A cet égard cette délibération était exemplaire.

C’est en revoyant Saut à ski que je me suis dit qu’on tenait là, avec La perle de Marguerite Lantz (projeté lors du dernier festival Pocketfilms), un genre naissant propre aux films de poche.

Voyons d’abord les vidéos (désolé, aucune ne supporte correctement les lecteurs embed).


La perle : la vidéo


Le saut à ski : la vidéo

Dans les deux vidéos une même économie de moyens, un souci plus ou moins assumé de rejouer une scène et de s’inscrire dans une certaine histoire de l’art. La perle cite Vermeer sans pour autant prétendre le redoubler exactement, et s’inscrit dans le courant d’un art contemporain post-produit.
Le saut à ski renvoie quant à lui inconsciemment à un courant contemporain qui rejoue les représentations, les gestes et les codes véhiculées par l’industrie du spectacle. Et l’on ne peut s’empêcher en découvrant la vidéo, de songer aux photos d’Edouard Levé et plus précisément à sa série “reconstitutions“.

Dans un cas, le geste semble réfléchi ; dans l’autre tout laisse à penser qu’il est spontané.

Dans La perle, l’image s’installe dans une certaine solennité, et son pouvoir d’évocation joue à plein. Son statut peu à peu se métamorphose, passant d’image fruste à icône. C’est tout le pouvoir de transsubstantiation du cinéma qui se manifeste ici.

En revanche le saut à ski prend d’emblée le tour d’une blague, mais s’avère exécuté avec une telle adresse qu’il en devient une performance. Là encore s’opère une conversion entre le début plutôt potache et la fin. Certes un rire bon public ancre la vidéo du côté de la farce, mais vérifie aussi le fait que la performeuse joue le jeu. Ca marche, on l’a vu sauté, ça s’est passé.

Les téléphones sont de petits objets permettant de faire de petits films. C’est-à-dire des films courts, modestes, miniatures, rapides, léger, fragiles. Des films de poche quoi, faits avec les moyens du bord, mais aussi des idées fuyantes qu’on attrape à la volée. Je pense que Saut à ski est une idée fuyante bien chopée au vol. Que La perle procède d’une croyance qui surpasse la modestie des moyens qui la servent. Dans les deux cas, les films sont au départ simples, et se voient modifiés comme par accident. Quelque chose se produit qui altère leur sens, le détourne et lui donne une dimension nouvelle.

Lors de la délibération, un argument repris ça et là était de dire que tel film dépassait les vidéos de téléphones portables, et plus littéralement les “transcendait”. Jamais un film de poche ne pourra mieux se “transcender” que lorsqu’il restera lui-même, sans céder aux facilités de la post-production et autres expédients de faiseurs. C’est peut-être bazinien de dire ça et un peu intégriste, mais j’assume complètement.

Ces quelques considérations hasardeuses permettent simplement d’éclairer sous un autre jour le rôle que joue le hasard dans la conception des films de poche. J’avais déjà abordé la question dans mon article du Mobilfest, mais jamais sous cet angle là.

Pour info, Samedi à la Galerie Magda Danysz

Samedi 27 janvier 2007 à 18h.

Depuis janvier 2006 la Galerie Magda Danysz accueille un nouveau rendez-vous, les derniers samedi du mois. Retrouvez une séléction de vidéos allant de l’art vidéo au clip en passant par l’experimental et le veejaying, etc.
Ces vidéo session ont pour but la découverte de jeune talents proposés par Carine Le Malet. Dans l atmosphère feutrée et confortable, la galerie invite les spectateurs à découvrir agréablement et apprivoiser la vidéo, médium encore trop peu considéré dans la création contemporaine.

Sélection Mo video : Hugo Arcier, France Dubois, Ultralab, Christophe Luxereau, Mihai Grecu, Yuki Kawamura, Chloe Tallot, Emilie Essel, Vincent Levy et Michael Cros.

Vidéos réalisées avec un téléphone portable dans le cadre d une recherche pour Orange R&D

Sous-jouer

Je parlais dans le précédent billet de distance. Ici c’est une autre distance qui se joue, inhérente à l’underacting. Distance dans le jeu qui j’ignore pourquoi me pousse au fou rire. Cette femme balance le frisbee comme une brique, dans les roses. C’est hilarant sans qu’il se passe rien.

Il y a dans l’underacting une grande beauté qui n’en finira pas de me fasciner. Deux scènes qui pour moi sont fondatrices de ma cinéphilie. La scène à trois - presque finale - de la Notte, dans laquelle Marcello Mastroianni et Jeanne Moreau tournent autour de Monica Vitti. La scène sur le port dans Il Deserto Rosso, où Monica Vitti - toujours elle - fait fasse au groupe d’amis qui la dévisagent. Raison pour laquelle je reviens sans cesse à Antonioni, et qu’il constitue une clé de voute de mon rapport au cinéma.

Retour à la normale. Des nouvelles de Lena

Enfin de retour sur ce blog que j’ai cruellement délaissé, faute de temps.

J’ai reçu il y a peu un email de mon amie Russe Lena qui s’interrogeait sur la disparition malheureuse de awesomovies.com, un site que j’avais monté, qui se proposait de rassembler des films de poche du monde entier. Qu’elle soit rassurée, sa belle petite vidéo n’a pas pour autant disparue, elle est juste là.

L’idée était d’encourager mes amis à me parler leur langue, à me confier de histoires, des secrets que je ne comprenais pas. J’ignore encore pourquoi cette ballade commentée me touche. C’est une lettre, un bout d’image incarné et d’emblée partagé.

Lena
envoyé par awesomovies

From Montreal, with love

Psychedeleidoscope on Vimeo

sURF on Vimeo

>> Perrier pix (photos)
>> Sunny beer (video)

Waterlight. on Vimeo

Mercury. on Vimeo

++Maryse++

PS : je connais à présent un sacré paquet de plateformes vidéos, et je peux dire que je préfère de loin Vimeo, à la fois pour son design, sa simplicité, sa convivialité et l’élégance de son player. Le plus intéressant pour moi : il emporte ma préférence d’emblée, littéralement au premier coup d’oeil.

Capture me quick : vers la diffusion vidéo en temps réel de tout et de tous sur Internet

L’option “quick capture” proposée sur YouTube depuis peu n’est qu’une étape vers le streaming, et donc les vidéos live . Je ne sais véritablement s’il s’agit d’une innovation, ou si cela nous ramène aux premiers temps d’Internet et à sa première égérie, Jenni. Pendant ce temps, Dailymotion lance la jukebox, beau jouet qui permet directement de répondre à une vidéo par une autre vidéo sans même avoir à passer par Dailymotion. Là encore, derrière la (trés) bonne idée, c’est ni plus ni moins que le skype vidéo qui se profile, mais un skype public avec de l’UGC ayant à la fois valeur de contenu et de message. Les deux peu à peu se brouillent. Les vidéos se font plus créatives, alors même qu’elles remplissent toujours leur fonction phatique. Elles communiquent certes, mais en inventant les nouveaux termes de la communication online. D’où cette idée qui veut qu’Internet et plus précisément ces nouveaux outils favorisent l’émergence d’une parole singulière et inédite. A ce stade cela reste un peu théorique, mais déjà des communautés se structurent autour de figures (Lisa Nova, Lonelygirl, etc.). Des vidéos donnent peu à peu corps à un monde imaginaire et pourtant constamment incarné par des personnes bel et bien réelles. On dit bien “se faire son cinéma”. L’expression, dans ce contexte, change de sens. Elle se vérifie littéralement.

Evidemment, les conséquences sont plus grandes encore si l’on considère les vidéos mobloguées : des happening en live, des caméra cachées, des enquêtes choc. Le rapport à l’image est plus immédiat encore que celui définit par la télé, pour la simple raison qu’il échappe aux codes et à l’autocensure propre à cette dernière. Veeker l’a déjà montré avec sa dernière campagne Veek the vote. J’attends à présent le jour prochain, où Veeker ajoutera à son site une fonction “quick capture”. …Watch out !